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Le ministère de la Défense de Russie planifie l'extension de la présence militaire russe dans plusieurs régions du monde, a déclaré le Ministre russe de la Défense, le général d'armée Sergueï CHOÏGOU  à l'agence ITAR- TASS. "Nous travaillons avec les Seychelles, avec Singapour, avec le Nicaragua, avec le Venezuela. Cette année nous prévoyons d'organiser de nouvelles négociations." a-t-il dit.

Le ministre a souligné que dans le cadre des vols de l'avion militaire russe à long rayon d'action, "nous avons besoin de bases pour le ravitaillement dans le secteur de l'équateur, ou dans d'autres endroits". "Nous sommes en négociation et proche du résultat" a-t-il ajouté.

 

Le ministre a rappelé qu'en 2013 une escadrille de chasse russe a commencé à effectuer des missions de surveillance opérationnelle depuis l'un des aérodrome militaire de Biélorussie. "Cette année, il y sera basé un régiment " a-t-il dit.

L'escadrille de quatre Su- 27P de l'armée de l'air russe a sa résidence permanente au Bélarus. Maintenant, leur emplacement est fixé à Baranavitchi, à la 61 ème base de l'aviation de chasse des Forces de défense antiaérienne du Bélarus. Les avions y ont déménagé de Petrozavodsk. A partir de maintenant, le ciel au-dessus des frontières occidentales de l'Union Russie-Belarus sera encore mieux protégé par les deux pays.

L'année prochaine, sur l'aérodrome situé à Lida (à la frontière avec la Lituanie), sera implanté un régiment russe. Les pilotes russes et bélarusses effectueront des missions de combat commun. Cependant, cette interaction n'est pas nouvelle. Ce genre de manœuvres ont déjà lieu lors de manoeuvres opérationnelles comme au Bélarus et en Fédération de Russie. En fait, la seule différence est que les avions sont transférés de Russie sur une base aérienne du Bélarus.

accueil traditionnel du commandant de l'escadrille russe à Baranovitchi (Bélarus)

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Selon CHOÏGOU, la base militaire russe au Tadjikistan va augmenter du stade de brigade (1500 - 2000 hommes) à division (5000 - 7000 hommes). Selon lui , "un renforcement sérieux des troupes russes va être opéré au Kirghizstan en raison de l'envoi de nouveaux avions et de l'implantation là-bas de parachutistes".

défilé militaire dans la base russe de Gatchinsk (Tadjikistan)

affiche de promotion de la base militaire russe de Gatchinsk (Tadjikkistan)

 

Le 6 février 2014 le Parlement européen a adopté une résolution qui appelle Moscou à retirer ses troupes du territoire de la Moldavie. Les députés européens proposent de remplacer le contingent russe par une mission de maintien de la paix composée de civils. Sûrement de façon à donner les citoyens de transnistrie (russophones et prorusses) pieds et poings liés à l'armée moldave de façon à intégrer ce pays à l'UE via son absorption par la Roumanie. Le ministère des Affaires étrangères de la Transnistrie en réponse a publié une déclaration qui affirme que la présence militaire russe dans la république séparatiste est une garantie de sécurité. Le ministère des affaires étrangères de la Russie a opposé une fin de non recevoir aux injonctions de l'union européenne, estimant que son mandat de paix était loin d'être terminé.

Un bataillon russe de plus de 400 personnes y a été envoyé après le conflit armé de 1992 entre la Moldavie et la Transnistrie dans le cadre d'une force de maintien de la paix internationale, sous le patronage de la CEI, qui comprend également des observateurs militaires de la Moldavie et de l'Ukraine.

Cette résolution n'est pas innocente : elle est directement liée au référendum mené, le 02 février 2014, en Gagaouzie (région autonome russophone du sud de la Moldavie), qui a donné 98 % des électeurs pour l'adhésion de la Moldavie à l'union douanière Russie-Bélarus-Kazakhstan et contre son adhésion à l'union européenne. Ils ont de plus voté pour un référendum d'indépendance obligatoire si la Moldavie décidait son adhésion à l'UE ou sa réunification à la Roumanie (voir les détails dans ce post : http://lemonderusse.canalblog.com/archives/2014/02/03/29074926.html). L'UE veut donc faire payer à la Russie, l'opposition au "projet européen" des populations qui font confiance à la patrie de Pouchkine, du fait de liens culturels et historiques multiséculaires.

soldats du bataillon de paix en Transnistrie

soldats du bataillon de paix en Transnistrie

 

 

S'agissant de la présence militaire russe en République d'Arménie, le nombre d'implantations pour la 102 eme base militaire russe va atteindre le nombre de 21. Le gouvernement russe a approuvé un projet de Protocole portant amendement du Protocole signé entre les gouvernements de la Russie et de l'Arménie relatif aux implantation de la base militaire russe en Arménie.

Le projet de Protocole, dit en particulier que la Russie restitue à l'Arménie la garnison militaire N°1 (village de Hatsik, région de Shirak) et la partie arménienne transmet à la Russie la garnison militaire N° 21 (Gyumri , 222 rue Sverdlov) et la garnison militaire N° 7 ( Erevan , rue Archakuniants), en particulier :

    - parcelles de terrain pour le stationnement d'un escadron d'hélicoptères et les voies de circulation intérieures ;
    -
caserne ;
    - état-major ;

    -
logements ;
    -
bâtiment du service de réparation mécanique et aéronautique ;
    -
parc automobile et territoire pour construire un entrepôt lubrifiants pour l'aérodrome d'Erebuni.

manoeuvres communes russo-arméniennes



La Russie fait donc le choix d'augmenter encore sa présence hors de ses frontières pour défendre ses intérêts, notamment face aux périls sécuritaires qui menacent ses alliés (chaos en Afghanistan après le départ de l'OTAN, troubles dans le caucase en réaction à l'action de la Russie en Ukraine et en Crimée, menaces contre les alliés de la Russie en Amérique du Sud). Après avoir renforcé son outil militaire grâce à l'action efficace et déterminé de Sergueï CHOÏGOU au ministère de la défense et de Dmitri ROGOZINE au complexe militaro-industriel et à la mobilisation patriotique (c'est d'ailleurs la ligne de ce dernier, soutenu par le chef de l'administration présidentielle Sergueï IVANOV, qui triomphe au Kremlin depuis l'électrochoc de la crise ukrainienne), la Russie montre au reste du monde qu'elle a de nouveau les moyens d'assumer sa puissance et de défendre ses intérêts, où qu'ils se trouvent.

Enfin, la crise syrienne a montré à la Russie que l'occident était désormais en déclin, privé de volonté et d'outils de puissance.


Source : http://www.arms-expo.ru/049057054048124051053049051052.html