BHL et ses potes de Kiev

Le candidat intégrationniste, prônant l'adhésion de l'Ukraine à l'union européenne et à l'OTAN, Piotr POROCHENKO a été élu au premier tour, le 25 mai, avec 56% des voix. Les cinq premiers candidats étaient tous pro-intégration européenne (Youlia TIMOCHENKO - 12%, Oleg LIACHKO - 8%, Anatoli GRITSENKO - 6% et Sergueï TIGUIPKO - 4%).

POROCHENKO était le candidat officiel de l'union européenne. En effet, le 30 janvier, l'envoyé spécial de l'union européenne en Ukraine, le polonais  Alexander KWASNIESKI avait déclaré que Piotr POROCHENKO devait être premier ministre d'un gouvernement d'union nationale après la démission de Nikolaï AZAROV. Puis, à partir du 5 février POROCHENKO devient l'un des interlocuteurs privilégiés de la diplomatie de l'UE.

Il s'était aussi positionné comme candidat des USA, lorsqu'à la conférence sur la sécurité de Munich, le 01er février, il s'était imposé comme chef de la délégation ukrainienne dans les discussions avec John KERRY, reléguant au second plan YATSENIOUK et KLITSCHKO.

Il s'était présenté à l'élection présidentielle comme candidat sans parti, mais avec le soutien du parti OUDAR! de Vitali KLITSCHKO (dont il faut rappeler qu'il est organisé et financé par la CDU d'Angela MERKEL), avec lequel il avait échangé la présidence contre le soutien médiatique et financier de POROCHENKO pour son élection à la mairie de Kiev (KLITSCHKO y est sorti premier du premier tour). Après avoir éliminé son principal rival (KLITSCHKO était donné en janvier comme favori, mais apparemment un coup de fil de Berlin a dû contribuer aussi à le dissuader), POROCHENKO a conclu un deal avec les principaux soutiens naturels de TIMOCHENKO : YATSENIOUK et TOURTCHINOV. En effet, POROCHENKO a prévu de les maintenir comme premier ministre et président du parlement. Ceci semblerait expliquer l'absence du soutien de ces deux poids lourds aux côtés de Ioulia.

 

A PART ÊTRE LE COPAIN DE BHL, QUI EST PIOTR POROCHENKO ?

Fils d'un ingénieur en mécanique agricole, devenu apparatchik de l'agroamlimentaire de l'Ukraine soviétique, né dans la région d'Odessa, ayant grandit à Bendery (RSS de Moldavie, actuelle Transnistrie) puis à Vinnitsa (Ouest de l'Ukraine), Piotr POROCHENKO est un des oligarques dirigeants en Ukraine.

Papa POROCHENKO, Alexeï de son prénom était alors directeur d'une usine de construction de pièces de carrosserie pour camions, il est exclu du parti communiste en 1983 après avoir été condamné à 5 ans de camp à régime sévère et à la confiscation de ses biens pour corruption, vol de la propriété socialiste et abus de pouvoir. Il profite de l'époque troublée de la perestroïka pour aider son fils à "investir" dans l'agriculture  en utilisant ses relations de l'époque soviétique au ministère de l'agriculture de Kiev pour se faire privatiser les sovkhozes et les combinats alimentaires les plus juteux du pays.

Papa POROCHENKO, corrupteur de son Etat

Après avoir terminé ses études à la faculté de relations internationales de l'Université d'Etat de Kiev (papa l'a aidé à y entrer en versant une gratification à des amis bien placés à Kiev), le jeune Piotr profite, en 1989 (papa vient de sortir de prison) de la libéralisation du commerce extérieur (et des amitiés africaines qu'il s'est fait à la faculté. En effet, beaucoup de fils de ministres étudient avec Piotr. Comme quoi  "L'amitié entre les peuples" ça a du bon...) pour se lancer dans l'importation de fèves de chocolat. Le capital de départ est trouvé par papa, qui fait jouer ses relations dans les banques d'Etat, encore soviétiques.

La vague de privatisations qui touche l'Ukraine indépendante va lui permettre de faire main basse, avec la complicité de papa sur une sucrerie et une usine de pâtisserie de la région de Vinnitsa, où il a grandit. A partir de là, il va racheter (à prix d'ami) à l'Etat les principales chocolateries, confiseries et pâtisseries industrielles du pays qu'il réunit dans sous la marque ROSHEN (qui n'est rien d'autre que son diminutif à la faculté).

En 1993, il créé la bourse d'échanges "Ukraine", spécialisée dans le commerce de matières premières agricoles. Dans les années suivantes, il acquiert l'usine automobile de Loutsk (LUAZ), qui fabrique des jeeps pour l'armée (tiens, tiens ...) et des autobus, le chantier naval de Kiev "forge de Lenine". C'est d'ailleurs papa POROICHENKO qui gère actuellement la holding créée par son fils (A tout seigneur tout honneur).

Il entre en politique, pour faire prospérer et sécuriser ses affaires en 1998, sous la présidence de Leonid KOUTCHMA. Cette année-là il devient député de la région de Vinnitsa, investi par un des partis de la coalition présidentielle (Parti Social-Démocrate d'Ukraine (Unifié) - SDPU(o) - ). Il devient membre du bureau politique du SDPU(o), lui-même dirigé par le chef de l'administration présidentiel, le prorusse MEDVEDTCHOUK.  En 2000, il quitte le SDPU(o) pour créer son club "Solidarité" et participe, la même année à la fondation du Parti des régions, aux côtés de Nikolaï AZAROV et Viktor IANOUKOVITCH.

Fin 2001, il passe à l'opposition et rejoint le bloc électoral formé autour de Viktor IOUCHTCHENKO "Notre Ukraine". Il se fait réélire député sous cette étiquette, puis fonde en 2003 un groupe de média, dont le navire amiral est le Canal 5, une chaîne d'info en continu. Il va utiliser cet outil à fond dans la guerre contre KOUTCHMA et IANOUKOVITCH (son successeur désigné).

En 2004, il met ses entreprises (il donne un congé payé à tous les ouvriers de ses usines de l'Ouest de l'Ukraine et de Kiev qui veulent aller sur la place de l'indépendance), ses médias, son argent au service de la révolution orange. A l'issue de la "révolution" il est l'un des deux candidats, avec Ioulia TIMOCHENKO auxquels IOUCHTCHENKO promet le poste de Premier-ministre. Finalement, c'est la "reine du gaz" qui est prise.

Piotr POROCHENKO enchaîne alors les postes officiels dans l'exécutif :

- secrétaire du conseil de défense et de sécurité nationale (2005), où il fait la connaissance de la direction de la CIA, avec laquelle il met au point la réforme et l'épuration des services de renseignement ukrainiens ;

- président du conseil de la banque centrale (2007-2012), où il prépare l'application du mémorandum du FMI de 2010, que IANOUKOVITCH, revenu au pouvoir, va suspendre en grande partie ;

- ministre des affaires étrangères (2009-2010), puis ministre de l'économie (2010), il supervise lui-même les négociations de l'accord d'aasociation avec l'union européenne.

Je pense que le CV parle de lui même...

Sa force, qui est aussi faiblesse, est qu'il n'est, actuellement, membre, ni chef d'aucun parti. Il va donc devoir compter sur la coalition actuelle BAT'KIVCHTCHINA - SVODODA - UDAR ! -SANS PARTIS pour lui donner les moyens de cette politique. Il pourra compter, en tout cas, sur l'atlantisme et l'européisme forcené de son Premier ministre IATSENIOUK.

 

article_21398

UNE PREMIÈRE MESURE EMBLÉMATIQUE : DES COMMISSAIRES POLITIQUES DE L'UNION EUROPÉENNE VONT SE DÉPLOYER DANS TOUS LES MINISTÈRES UKRAINIENS

Ce matin, à la suite de la réunion du Cabinet des Ministres, Arseni IATSENIOUK a annoncé :

 "Les approches bureaucratiques standards qui ont existé en Ukraine depuis 23 ans, par rapport à la modernisation de l'économie ukrainienne ont conduit au fait qu'il ne reste plus d'économie."

"Ensemble, avec nos partenaires européens, nous avons créé un groupe de soutien à l'Ukraine. Dans chaque ministère il va maintenant y avoir un expert venant de l'UE, ce qui aidera l'Ukraine à mettre en œuvre l'accord entre l'Ukraine et l'UE et va nous rapprocher de l'Union européenne."

IATSENIOUK a ajouté qu'il sera créé dans chaque ministère un vice-ministre à l'intégration européenne, qui épaulera l'expert de l'UE. Enfin un ministre délégué auprès du premier ministre sera chargé de coordonner le processus.

En bref, dans chaque ministère un commissaire politique de l'UE, épaulé par un adjoint autochtone, dont la mission va être : ouverture des marchés, concurrence libre et non faussée, privatisations, déréglementation et austérité budgétaire.

Comme le disait un article du site de la chaîne Bloomberg aujourd'hui : "Les ukrainiens sont bien plus européens que les français !"

 

Effectivement, quand on bombarde sa population russophone à l'artillerie lourde, comme à Slaviansk et que l'on fait griller comme des saucisses les citoyens qui ne sont pas d'accord avec "le choix européen" comme à Odessa et qu'en plus on livre le pays pieds et poings liés au FMI et à la commission européenne, effectivement, on mérite largement d'être "européen" !


 

Sources :

http://www.unian.net/politics/879498-v-myunhene-oppozitsiya-obnarodovala-plan-uregulirovaniya-krizisa-v-ukraine.html

http://www.unian.net/politics/878588-kvasnevskiy-schitaet-poroshenko-vozmojnyim-kandidatom-na-post-novogo-glavyi-kabmina.html

http://www.unian.net/politics/880994-es-gotov-predlojit-kievu-programmu-ekonomicheskoy-pomoschi-poroshenko.html

http://4vlada.net/politika-i-biznes/korruptsiya-korni-i-krona-taina-semi-poroshenko

http://glagol.in.ua/2013/03/27/poroshenko-pyotr-alekseevich-polnoe-dose-na-shokoladnogo-korolya/

http://gordonua.com/news/politics/YAcenyuk-V-kazhdom-ministerstve-budut-rabotat-konsultanty-s-ES-24541.html

http://www.unian.net/politics/922525-bloomberg-ukraintsyi-v-bolshey-stepeni-evropeytsyi-chem-frantsuzyi.html