Диктатура банков или конвейер по производству дураков (3)

Vendredi, Arseny Iatseniouk a présenté, au nom du gouvernement, au parlement un projet de loi sur les sanctions. Mais il ne concerne pas que des mesures spécifiquement dirigées contre la Russie, comme cela était attendu par beaucoup en Ukraine, mais sur les sanctions qui peuvent être appliquées à tous sans exception, non seulement aux étrangers, mais aussi aux ukrainiens, citoyens, comme entreprises.

La liste des restrictions et des interdictions dans ce projet de loi comprend 29 points, dont une partie s'appliquera également à des entreprises, à des citoyens ou à des partis nationales : en particulier, le blocage de tous les actifs (interdictions d'utiliser les comptes en banque et les biens), l'arrêt de l'application des droits économiques et sociaux, l'interdiction de transfert d'argent à l'étranger ou de l'étranger, interdiction de travail dans les médias de toutes sortes, la révocation des licences accordées dans certaines activités, l'interdiction des activités de partis ou d'associations, etc.

Liste d'accusations qui peuvent justifier de telles sanctions est vaste et floue : entre autres, il s'agit des actions, porteuses de menaces réelles ou potentielles aux intérêts nationaux ou à l'indépendance économique du pays, violant les droits et libertés de l'homme et du citoyen, créant des obstacles pour le développement stable de l'Ukraine. Cela peut être interprété de façon très vaste, mais aussi parce que la question est de savoir qui va interpréter le déclenchement de ces accusations. Le projet donne ce droit au président, au parlement, au cabinet des ministres, à la banque nationale et au service de sécurité de l'Ukraine (SBU, ex-KGB). Et une autre question - qui devra désigner les sanctions, et ce ne sera ni le parlement, ni les tribunaux, mais le Conseil de défense et de sécurité nationale, dont la décision sera approuvée par décret présidentiel.

Quelles sont les perspectives d'adoption du projet de loi ? C'est bien difficile à dire. Officiellement, les députés ne veulent pas parler de lui, en se référant à ce qu'il n'a pas encore été présenté devant les commissions parlementaires, et beaucoup ne l'ont pas lu. Toutefois, un certain soutien au projet est déjà là.

"Je ne me suis pas familiarisé avec le texte, mais nous supporterons les plus sévères sanctions à l'égard de la Russie ou de ceux qui collaborent avec l'agresseur - a dit le député du parti Svoboda Youri Sirotiouk -. Nous ne devons pas nourrir  l'agresseur et nous devons punir ceux qui, dans le contexte de la guerre continuent de coopérer avec la Russie, en particulier dans le secteur militaire".

Dans d'autres groupes parlementaires on répond négativement à ce projet. "Cela ressemble plus à une opération électorale au profit de Iatseniouk - dit une source dans le parti Oudar de Vitali Klitschko -. Ils disent, si le parlement le vote ce sera bien, si non, on pourra les accuser que l'on ne veut pas prendre de sanctions contre la Russie, et une fois de plus démissionner. Mais, puisque le projet de loi est avec un double-fond, il est probable qu'il ne passera pas la première phase et ne sera tout simplement pas inscrit à l'ordre du jour du parlement".

Pareille est l'opinion du politologue Vadim Karasev : "Il s'agit d'un pur projet politique, qui en cas d'adoption menacera n'importe qui de sanctions, par exemple, toute entreprise ralentissant la production, ou un syndicat annonçant une grève, pourront être accusés de menace pour le développement stable du pays, mais ce même Iatseniouk pourrait être accusé de mettre en danger l'indépendance économique de l'Ukraine en raison de la signature des accords avec le FMI et l'UE. Mais je doute que le premier ministre ne s'attende à l'adoption de cette loi. En effet, le Parlement est invité à entrer de facto en dictature économique, mais il n'ira pas jusque là".

 

Source :

http://business.vesti.ua/64857-sankcii-ot-jacenjuka-nazvali-jekonomicheskoj-diktaturoj