Les réactions, de beaucoup de "personnalités" qui trouvent pas mal d'aller chercher quelque reconnaissance, ou quelque financement à Moscou, m'ont conduit à reprendre mon blog pour y lancer un coup de gueule.

Mesdames, Messieurs,

Dans divers médias et réseaux sociaux j'ai lu depuis deux semaines des prises de position sans nuance venant de différents horizons, dont certains se disent amis de la Russie. L'amitié cela ne se juge pas qu'en paroles, cela se juge aussi aux actes.

Malgré la répression politique interne menée par Fidel Castro, due à une paranoïa explicable par les tentatives de coup d'Etat et tentatives d'assassinat qui ont été menées par les gringos et leurs services, je ne retiendrai pour ma part qu'une chose : Cuba a été le seul pays à soigner massivement, gratuitement les enfants victimes de la catastrophe technologique de la centrale de Tchernobyl.

La catastrophe survient le 26 avril 1986, quatre ans plus tard, dans les hôpitaux des Républiques soviétiques d'Ukraine, de Biélorussie et de Russie, les médecins voient, effarés, des centaines d'enfants mourir de leucémies, de cancers qu'ils n'arrivent pas à guérir.

En février 1990, l'état-major des situations d'urgence (sécurité civile) du Comité Central de la Jeunesse Communiste (KOMSOMOL) d'Ukraine lance un appel désespéré au monde pour aider à guérir les enfants.

Un seul pays va répondre : Cuba.

Par la voix du Consul Général de la République de Cuba à Kiev Sergio Lopez Briel, Fidel Castro informe les autorités ukrainienne que Cuba est prête à prendre en charge les enfants les plus touchés par la catastrophe.

Retournement de l'histoire, alors que le ministère de la santé soviétique avait largement contribué à former et à équiper le système de santé cubain dans les années 60 et 70, ce sont maintenant les cubains qui viennent en aide aux soviétiques.

Alors que, sous pressions américaines, Gorbatchev commence à "lâcher" Cuba, Fidel Castro tend une main généreuse aux petits ukrainiens, biélorusses et russes.

Dès fin février 1990, une délégation de médecins cubains (la principale cancérologue de Cuba Martha Longchong, le directeur de l'institut d'immunologie et d'hématologie de Cuba José Ballester Santovenia, le chercheur en endocrinologie pédiatrique Jose Ricardo Guel Gonzalez) arrive à Kiev pour examiner les enfants et désigner les cas les plus lourds, qui peuvent être soignés sur l'île.

Alors que le ministère de la santé ukrainien n'a pas d'argent pour payer le vol des malades vers Cuba, ce sont le gouvernement cubain et une souscription auprès de la population qui vont financer le premier envoi de petits malades vers l'île.

Le 29 mars 1990, deux avions de ligne arrivent de Kiev à La Havane. Ils transportent les premiers enfants victimes de Tchernobyl, accompagnés de leurs parents. Fidel Castro les accueille lui-même à l'aéroport, après avoir réuni, pendant 3 heures, une commission spéciale du ministère de la santé cubain pour régler les derniers détails de l'accueil et du traitement des enfants.

Quand un journaliste soviétique demande au Lider Maximo : "Combien de temps les enfants seront soignés à Cuba ?" Castro répond : "Le temps qu'il faudra".

Accueil des enfants de Tchernobyl à La Havane 1990

Accueil des enfants de Tchernobyl à La Havane 1990

Accueil des enfants de Tchernobyl à La Havane 1990

Accueil des enfants de Tchernobyl à La Havane 1990

Lorsqu'il s'est agi de décider où envoyer les petits soviétiques, Castro va dire dans une assemblée de l'organisation des pionniers (scouts communistes cubains) : Vos camarades soviétiques sont dans le malheur, ils ont besoin d'aide médicale et de convalescence. Est-ce qu'on peut leur prêter pour ces besoins un de nos camps de pionniers ?

Les enfants cubains ont répondu oui.

On va installer les enfants soviétiques dans le camps de pionniers de Tarara, au bord de la mer, dans le Nord-Ouest du pays. Les soviétiques n'ont à prendre que le transport et le gouvernement cubain prend en charge tout le reste.

A l'été 1991, l'URSS, qui vit ses derniers jours, retire toute son aide à Cuba, rappelle tous ses conseillers techniques, arrête ses livraisons de produits pétroliers. Alors que le peuple cubain va vivre les heures les plus dures son histoire, dans un pays où, maintenant, tout est rationné, Castro a toutes les raisons de renvoyer les enfants de Tchernobyl chez eux et de mettre fin au programme définitivement.

Mais le Lider Maximo va décider, malgré tout de prolonger le programme, au profit des enfants des nouvelles républiques indépendantes. Ce programme va fonctionner pendant 20 ans de 1990 à 2010, avec des résultats spectaculaires.

Cuba va soigner et sauver en tout 23700 enfants (20 000 ukrainiens, 3 000 russes et 700 biélorusses), alors que les "amis" occidentaux de la nouvelle "nouvelle" Ukraine et de la "nouvelle" Russie n'en sauverons, hormis par des initiatives humanitaires individuelles : ZERO !

Il a coûté 350 millions au gouvernement cubain.

Alors, si vous aimez vraiment la Russie et le monde russe, taisez-vous sur Castro !

Lui au moins s'est comporté en humain face au malheur des enfants de Tchernobyl, il n'a pas, comme nos gouvernements occidentaux fait payer les soins médicaux et le séjour de ces enfants. Il ne s'en est pas remis à la charité individuelle. Il a tendu, et avec lui le peuple cubain, une main fraternelle à ces dizaines de milliers d'enfants et partagé le petit peu qu'avait le peuple cubain avec eux.

Alors, Mesdames, Messieurs, un peu de décence quand on parle de Fidel Castro, surtout si on aime le peuple russe... ou si on dit l'aimer !

Sources :

http://www.aif.ru/society/history/fidel_platit_dobrom_kak_kuba_prishla_na_pomoshch_malenkim_zhertvam_chernobylya

http://www.mk.ru/social/2016/11/27/kastro-potratil-350-mln-na-lechenie-detey-iz-chernobylya.html